
Mobilisation des jeunes pour le climat - Quelles réponses des gouvernements ?
Mobilisation des jeunes pour le climat
Origine
Le mouvement est né en Suède, au cours de l'été 2018. Pendant une période de grosses vagues de chaleur et des feux de forêts. Greta Thunberg, une Suédoise de 16 ans, décide de se mobiliser et de ne plus se rendre à l'école jusqu'aux élections législatives. Elle s'assoit sur les marches du Parlement, à Stockholm, chaque jour, pour que le gouvernement suédois prenne davantage d'actions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Une fois les élections passées, elle continue de se mobiliser tous les vendredis, et crée le mouvement « Fridays for Future » (vendredis pour l'avenir).
L’échec de la COP 24
C’est en décembre 2018 lors de la COP 24 en Pologne que Greta Thunberg se fait remarquer par un discours très relayé par les médias : « En 2078, je célébrerai mon 75e anniversaire, et si j'ai des enfants, ils fêteront peut-être ce jour avec moi. Peut-être qu'ils me parleront de vous, qu'ils me demanderont pourquoi vous n'avez rien fait quand il était encore possible d'agir », interpelle la jeune fille.
Malgré les données scientifiques, les impacts toujours plus visibles des changements climatiques, les déclarations des représentants et la mobilisation de la société civile, les Parties rassemblées ont échoué à s’accorder sur une hausse des efforts collectifs. Presque aucun nouvel engagement, par rapport à l’Accord de Paris, n’a été pris lors de la COP 24.
Suite à cet échec, la jeune fille devient alors le symbole de la lutte contre le réchauffement climatique. De nombreux jeunes ont commencé rapidement à imiter son geste, et à sécher les cours pour alerter leurs dirigeants sur l'urgence climatique.
Les revendications
Les revendications s’appuient sur un rapport alarmant du Groupe intergouvernemental d'experts sur le changement climatique (GIEC) sur les « impacts d'un réchauffement climatique global de 1,5 °C par rapport à 2 °C ». Les jeunes estiment que les mesures faisant suite à ce rapport sont insuffisantes et souhaitent avant tout alerter l’opinion publique pour provoquer une prise de conscience sur la question. Les principaux objectifs des manifestations comprennent :
- la fin de l’extraction de combustibles fossiles dans le cadre d'une transition énergétique,
- l’abolition des subventions pour la production d'énergie fossile,
- l’augmentation des investissements dans les énergies renouvelables et le développement des transports en commun dans le contexte d’un changement de trafic.
Le mouvement « Fridays For Future » a pris de l'ampleur, et s'est propagé à de nombreux pays européens : France, Royaume-Uni, Italie, Suisse, Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Finlande, Irlande, Autriche, ainsi qu'en Australie et au Canada.
Les réponses des gouvernements
Le sujet a notamment été au centre des discussions lors du récent G7 organisé par la France à Biarritz. Le G7 est tombé d'accord sur un volet d'aide à moyen terme destiné à la reforestation de l’Amazonie, qui devra être finalisée à New York. Cependant, seul l’annonce du doublement de leur
contribution au Fonds vert par la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne est saluée par les ONG qui déplorent le manque d’engagement.
Plus récemment, lors du sommet de l’ONU sur le climat du 23 septembre 2019 :
- 77 pays se sont engagés à éliminer totalement leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050, tandis que 70 autres ont fait savoir qu’ils se consacraient d’ores et déjà à renforcer leurs plans d’action nationaux ou qu’ils étaient déterminés à s’y employer d’ici 2020.
- Plus de 100 dirigeants d’entreprises ont pris des mesures concrètes en vue de respecter les objectifs de l’Accord de Paris et d’accélérer la transition de l’économie grise à l’économie verte, parmi lesquels des détenteurs d’actifs supérieurs à 2 000 milliards de dollars et de
grandes sociétés dont la valeur totale dépasse également cette somme. - De nombreux pays et plus de 100 villes – parmi lesquelles les plus grandes métropoles du monde – ont annoncé avoir pris de nouvelles mesures importantes et concrètes pour faire face à la crise climatique.
- Un certain nombre de petits pays, y compris des petits États insulaires en développement et des pays parmi les moins avancés, se sont avérés faire partie de ceux qui se sont le plus investis, alors qu’ils sont les moins responsables de la crise qui sévit
Enfin, une convention citoyenne pour le climat , constituée de 150 citoyens tirés au sort, se réunit pour la première fois le 4 octobre 2019 en France. Elle a pour objectifs de proposer des mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et d'"accélérer la transition écologique".
La jeunesse reste vigilante face à ces annonces. En attendant de voir les premières actions concrètes et les résultats, les grèves pour le climat se poursuivront.
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